Les stars d’Hollywood ne rêvent que de webséries !

Tout le monde doit faire de la websérie ! Ce n’est même plus une prophétie, c’est un fait accompli. À part deux poignées de vedettes qui peuvent compter sur leur seule présence au cinéma ou à la télévision, toutes les stars d’Hollywood – à peu d’exceptions près – font désormais de la websérie. Parce que les studios ne regardent plus que du côté du net où ils trouvent à chaque heure plus de bonnes idées  qu’en un mois dans leur boite à lettres. Nouveau média, nouvelles opportunités, nouveau public, nouvelle économie… Les webséries ont tous les labels qui plaisent à Hollywood.

Pour autant, l’investissement de vedettes de renom dans les fictions numériques n’est pas un phénomène nouveau ou seulement opportuniste. Certains furent même des pionniers comme Will Ferell qui a créé la chaine Funny or Die, Lisa Kudrow qui a créé et produit Web Therapy, Felicia Days qui produit The Guild et qui était avec Neil Patrick Harris dans Dr. Horrible’s Sing-Along Blog avant que ce dernier ne soit dans Nei’ls Puppet Dreams, sans parler de Jerry Seinfeld qui vient d’entamer la cinquième saison de son « reality talk show » intitulé Comedians in Cars Getting Coffee. Ci dessous une bande annonce pour Web Therapy pleine de stars.

D’autres ont suivi qui ont saisi une occasion inédite de se montrer comme ils veulent dans des programmes qui n’auraient jamais été produits ailleurs que sur le web. On peut citer Zach Galifianakis qui anime son Between Two Ferns, Jaleel White (le fameux « Urkel ») qui brille dans la websérie Road to the Altar, Whoopi Goldberg qui a produit la websérie Stream (bande annonce ci-dessous) et plus récemment un reality controversé, Ashton Kutcher qui s’amuse à produire la websérie animée Blah Girls, Kevin Pollak qui ajoute son talk show personnel à la liste ou encore Alec Baldwin qui vient de lancer son reality où ils donne des conseils à des couples à l’arrière d’un taxi. La liste est très longue.

Au jour d’aujourd’hui, on peut difficilement soupçonner ces gens de faire ça pour les sous car il n’y a encore qu’une poignée de webséries qui gagnent vraiment de l’argent. Donc, si ces stars traditionnellement si occupées à cultiver leur exclusivité consacrent du temps, de l’argent et leur talent sur ces productions, c’est qu’elles y trouvent un intérêt quelconque. Déjà, il est certain que les webséries se multipliant, elles représentent un nouveau catalogue de rôles à jouer entre deux « gros contrats » et qu’au lieu de passer ses journées à attendre un appel de son agent, il vaut mieux continuer à travailler.

Toutefois, ces derniers mois le phénomène s’est amplifié et il ne se passe plus une journée sans qu’on apprenne que tel acteur ou telle actrice produit sa websérie ou bien apparaît dans une autre. Les « webspectateurs » qui suivent ce blog ont déjà vu Danny Pudi et Parvesh Sheena dans The Book Club, Barry Bostwick dans Research, Dana Gould et Carlos Alazraqui dans Romantic Encounters, Richard Hatch dans Pairings, etc… Les webséries représentent aussi la « nouvelle écriture », des récits et des scripts qui se placent résolument (dans le meilleur des cas) en dehors des formats standard. Ceux-ci ont largement prouvé leur efficacité pendant des décennies, mais en devenant incontournables, ils sont devenus des obstacles. Donc, ces nouveaux chemins de la création en dehors des sentiers battus et rebattus ne peuvent qu’attirer les artistes. Par exemple, dernièrement le scénariste Paul Schrader (Taxi Driver, American Gigolo, Raging Bull…) a annoncé qu’il prépare… une websérie !

Certaines vedettes d’Hollywood profitent même du phénomène pour transgresser quelques règles. Le producteur de cinéma Adi Shankar, Geek et Fan avec un grand G et un grand F, dépense ses revenus en produisant des fan films, sans aucune autorisation des studios propriétaires des licences. Il a notamment produit un Punisher : Dirty Laundry qui est un bijou et dans lequel joue Thomas Jane (interprète du personnage au cinéma – bande annonce ci-dessous). Les Studios Marvel n’apprécient toutefois pas du tout. Également, les fans qui produisent et réalisent indépendamment les nouveaux épisodes de Star Trek reçoivent régulièrement le soutien d’anciens acteurs de la licence qui viennent s’amuser à reprendre leur personnage dans une autre époque.

 

Pour les web fictions en général, cet afflux de vedettes et d’intérêt est une bonne et une mauvaise nouvelle. C’est évidemment grâce à ces « noms » que le grand public va découvrir les webséries et s’y adonner de plus en plus avec la même ferveur que pour la télévision et le cinéma. Mais il y a aussi le risque de voir le web se scinder en deux camps, l’un riche et puissant qui retombera un jour ou l’autre dans les travers de l’industrie et un autre, indépendant et inventif, condamné à n’être plus qu’un réservoir d’idées (au mieux) ou un espèce de réseau d’Art et Éssai mondial, mais confidentiel.

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